Laure Stephan – Facilitatrice de lien parent-bébé

Laure Stephan

Pour une maternité sereine et épanouie
Maternage proximal bienfaits

Maternage proximal : 3 bienfaits

Et si la nature humaine était bien faite ? J’ai toujours été ébahie par la nature, par la façon dont tout cela fonctionne. Surement cela qui m’a amené, dans une ancienne vie, à faire de la recherche scientifique. Je suis maintenant, également ébahie par la magie de la nature humaine. Qu’est ce que je veux dire par là ? Voir que chaque chose est magnifiquement orchestrée, et ça, dès les premiers instants de vie. J’ai découvert que le maternage proximal avait bien sa place dans l’espèce humaine, que ce n’était pas une lubie de bobo, mais qu’elle a été la garante de la survie de notre espèce. Intéressant n’est-ce pas ?

Sommaire :

Qu’est ce que le maternage proximal ?

C’est un ensemble de pratiques qui permet de materner tout en étant attentif aux besoins de son bébé, pour y répondre de manière rapide et adéquate. Ces pratiques visent à rester en contact assez proche avec son nourrisson, contrairement au maternage distal (qui sépare rapidement la mère et le nouveau-né).
Le maternage proximal n’a pas pour objectif de faire la course à toutes les pratiques possibles coûte que coûte. Il s’agit aussi d’être à l’écoute de soi en tant que maman, et de savoir ce qui nous convient ou pas. Ce n’est donc pas la course à la mère parfaite avec en ligne d’arrivée le burnout parental…

Ceci étant dit, ce que l’on peut retrouver dans le maternage proximal : allaitement maternel, portage physiologique, co-dodo, peau à peau, Hygiène Naturelle Infantile, être à l’écoute de ses pleurs, signer avec bébé, la diversification menée par l’enfant (DME)….

Le mot maternage est plus employé pour les mères, même si le fait de materner peut-être employer aussi pour tout autre personne car il s’agit de « traiter quelqu’un de façon maternelle ». On peut également utiliser le terme paternage proximal pour le père et parentage proximal pour les deux parents.

Le maternage proximal, pourquoi ?

Juste avant de naitre, bébé était au chaud, dans le ventre de sa maman. Il était bercé par ses déplacements, le son de sa voix et de celle de son autre parent, le cœur qui bat, … Il ne connaissait pas la faim. Tous ces besoins étaient comblés instantanément. Il se sentait en sécurité dans tout cet environnement pendant ces 3 trimestres grâce à ces sensations.

Puis, vient la naissance.

Là, il se retrouve dans un environnement plus froid (enfin en général… ! sauf si vous habitez sous les tropiques ! ), gorgé de lumière, de bruit vif. On le prend, on le sépare de sa mère, on le pèse, on vérifie certains reflexes…. C’est un nouveau monde pour lui, où il n’a plus ses repères.

Il a besoin de retrouver sa sécurité intérieure qu’il avait dans le ventre de sa maman.

D’autant plus que le cerveau du bébé est très immature et qu’il ne sait pas relativiser comme nous, adulte, pouvons le faire.

Les nourrissons, un peu comme les bébés kangourous qui finissent leur développement dans la poche de leur mère, ont besoin de continuer leur développement dans les bras de ses parents. En tout cas, dans un premier temps.

C’est ce que l’on appelle le « 4ème trimestre de grossesse » : 3 trimestre in-utero, et un dernier extra-uterin. Soit, 4 trimestres de gestation pour que bébé se développe. 4 trimestres où le bébé et la maman sont étroitement liés.

Comme vous commencez à le comprendre, apporter de la proximité physique et affective au bébé, dès les premiers jours, lui permettra de recouvrer cette sécurité.

Il y a donc un bénéfice direct pour le bébé, qui, se sentant sécurisé, sera calme et apaisé.

Mais, il y a aussi des bénéfices pour la jeune maman ! C’est ce que nous allons voir dans la suite de cet article !

1. Les bienfaits du maternage proximal sur le sommeil de bébé et de sa maman

Il y a plusieurs bienfaits du maternage proximal sur le sommeil de bébé et de sa maman.

Facilitation de l’organisation nocturne :

D’un point de vue pratico-pratique, cela facilite les tâches pour répondre aux besoins de bébé la nuit.

En effet, dormir à côté de son bébé évite les déplacements pour aller chercher son bébé qui vient de se réveiller et qui a besoin d’être nourri.

De plus, l’allaitement évite d’avoir à préparer un biberon et donc de se lever et d’allumer la lumière. Les mouvements et la lumière réveillent notre cerveau et notre corps et il est plus difficile de se rendormir.

Le bébé n’a pas besoin d’attendre, car tout est prêt et à porter de main et à la bonne température, il y a juste à donner le sein et bébé peut alors téter rapidement. Ce qui induit moins de pleur aussi…

Il est possible de nourrir son bébé tout en somnolant lorsque l’on allaite. En effet, on peut allaiter allongée et si les conditions de sécurité pour le co-dodo sont mises en place, on peut somnoler sans danger.

Sommeil modifié pour la jeune maman :

L’organisation du sommeil de la femme allaitante est modifiée. En effet, l’allaitement permet à l’organisme de produire de la prolactine. Cette hormone est 15 fois plus importante dans la circulation sanguine chez la femme allaitante que la jeune maman qui donne du lait artificiel.
Grâce à ce taux de prolactine, la jeune mère a moins de sommeil léger et passe plus rapidement en sommeil profond.
D’ailleurs, son ré-endormissement est facilité grâce à deux autres hormones sécrétées lors de la tétée : l’ocytocines et les endorphines.

Puisqu’elle a plus de sommeil profond, on peut se dire que cela rendra plus difficile les réveils nocturnes, et pourtant non ! En effet, la jeune mère allaitante va faire des sortes de micro-réveils dont elle n’aura pas souvenir et qui lui permettra d’émerger plus facilement lors des réveils de son bébé. Elle se réveille même, parfois, juste avant son bébé.

Les jeunes mères qui allaitent se sentiront d’ailleurs plus vite fatiguée. On pense souvent que c’est l’allaitement qui en est la cause.
En réalité : oui et non. Non, l’allaitement ne fatigue pas à outrance. Mais oui, l’allaitement permet à la jeune maman de ressentir plus facilement les signaux de fatigue que la jeune mère non allaitante.
Et la fatigue est un signe que le corps a besoin de se reposer.
La fatigue n’est pas l’épuisement.
La fatigue est là pour éviter l’épuisement.
Donc en acceptant les signaux que son corps envoie, la jeune mère évite l’épuisement.

Pour conclure, la nuit, une femme allaitante va, dans l’ensemble, dormir plus profondément tout en se réveillant plus facilement lors des réveils nocturnes de son bébé, ET se rendormir plus facilement ensuite.

Sommeil du bébé :

J’entends souvent des futurs parents qui craignent que le sommeil de leur bébé soit compliqué.

Nul ne peut le savoir à l’avance.

Et le sommeil des bébés est un processus neurologique et qui prend du temps. Ensuite, progressivement, les périodes de sommeil vont se rallonger.

Enfin, en général. Oui, car il peut y avoir des éléments, souvent multifactoriels, qui perturbent le sommeil du tout petit.

Une chose est sure par contre. Les êtres humains ont besoin de sécurité pour s’endormir sereinement. Et pour les bébés, savoir que l’on vit sous un toit et avec une porte fermée à clé lui est égal ! Ce dont il a besoin pour se sentir en sécurité, c’est de retrouver les sensations qu’ils éprouvaient dans le ventre de sa mère.

Donc : chaleur, contenance, proximité, nourriture, interactions…

La pratique du maternage proximal facilite ainsi l’endormissement du bébé, ainsi que les ré-endormissements. En tout cas, dans les premiers mois.

Le lait maternel comporte aussi de la mélatonine, qui facilite également l’endormissement du bébé allaité.

Bien sûr, me direz-vous que le bébé de votre copine ou de votre voisin, lui, a « fait ses nuits » très vite, et en plus, en dormant sans sa chambre !
Bien sûr, c’est possible. Chaque bébé est différent, et certains ressentent plus le besoin que d’autres de cette proximité.
Et aussi, je pense, ce qu’ils perçoivent de ce que leurs parents peuvent lui offrir.
Je dis ça sans aucune critique. Juste que lorsque l’on ne connait pas les bienfaits de ce maternage et que notre entourage nous a toujours dit de ne pas « gâter » trop son bébé, et bien, ils ne sont pas ouverts à cette possibilité. Tout simplement parce qu’ils n’en ont pas conscience.

2. Les bienfaits du maternage proximal sur la récupération physique post-accouchement

Le corps de la femme enceinte se transforme durant 9 mois pour permettre de développer bébé.

9 mois.

Ce n’est pas en une fraction de seconde, lorsque le bébé est sorti, que le corps se remet en place. Il y a tout un tas d’organes, de muscles, de tendons… qui se sont modifiés pour permettre cette incroyable aventure.
Souvent, on pense à l’utérus : oui, on se doute bien qu’il ne revient pas à sa taille initiale en un claquement de doigt. D’ailleurs, c’est l’élément qui est contrôlé par les sages-femmes pendant les suites de couches.
Après l’accouchement, l’utérus pèse encore 1kg !

Mais il n’y a pas que l’utérus. Il y en a plein d’autres. Comme les ligaments qui sont devenus très soupes et relâchés. Il faudra quelques semaines aux ligaments pour se rétracter.

DONC : après l’accouchement, l’utérus pèse 1kg ET il n’est pas soutenu par les ligaments ni par le périnée !
Imaginez : c’est comme si vous vous aviez une brique de lait remplie à l’intérieur de votre corps et qui tient par des élastiques usés (vous savez, ceux que l’on ne peut même plus utiliser pour s’attacher les cheveux tellement ils sont distendus !).

[C’est une des raisons pour laquelle il est préférable de rester tranquille dans les premières semaines après l’accouchement et d’éviter de rester debout quand ce n’est pas nécessaire.]

Bref, ce n’est qu’un exemple parmi toutes les transformations que le corps doit « déconstruire ».

Peut-être n’aviez vous jamais pensé à ça ? Au fait que le corps travaille aussi après la grossesse ? Et bien, c’est normal. Car la société n’en parle pas. Il n’y a même pas de mot pour ça ! Ingrid Bayot, sage-femme et formatrice en allaitement et en périnatalité, propose un nouveau mot pour le décrire : la dégestation.

Revenons-en à nos moutons.

En quoi le maternage proximal peut aider dans ce processus ?

Et bien, d’une part, comme dit un peu plus haut : les femmes allaitantes ont environ 3 fois plus de sommeil profond que les personnes non allaitantes. Cela permet une meilleure récupération et facilite ainsi la fameuse dégestation.

Toutes pratiques qui permettent de materner son bébé, et plus particulièrement celles qui permettent une proximité avec le bébé, permettent de faciliter la dégestation. L’allaitement maternel, qui apporte son lot d’hormone, grâce au contact, à la lactation, etc…facilite d’autant plus ce phénomène.

Si vous ne pouvez ou ne voulez pas allaitez, ne pensez pas pour autant que c’est la catastrophe. Cela se fera tout de même. C’est juste que cette phase est facilitée avec l’allaitement et le maternage proximal.

3. La création d’un lien d’attachement fort grâce au maternage proximal

Lorsque bébé a un besoin – de protection, de chaleur, d’interaction, ou de nourriture – il va émettre des signaux afin qu’un adulte puisse y répondre. Ces signaux sont divers comme les pleurs, les regards, les mimiques, les fouissements…

La prolactine, qui est en taux important chez les femmes allaitantes, mais aussi sécrétée grâce au peau à peau (donc peut aussi être sécrété chez le deuxième parent et la jeune mère non-allaitante) permet d’augmenter la réceptivité à ces signaux.

Pour y répondre, le parent va prendre son bébé dans les bras et/ou lui apporter un soin. Cela permettra de sécréter des hormones comme la dopamine et l’ocytocine respectivement.
Si le besoin du bébé est de se nourrir, l’allaitement maternel permettra pour la maman et le bébé de faire le plein d’ocytocine, d’endorphines et de prolactine.

La sécrétion de ses hormones permet un apaisement et une satisfaction du parent et du bébé.

Le parent se sent donc plus confiant dans son nouveau rôle de parent et permet de renforcer sa réceptivité et son attention envers son bébé.

Le bébé, confiant également dans le fait que son parent lui apportera satisfaction a son besoin, renforce ses signaux d’appels, que son parent viendra répondre…Et ainsi de suite…

Donc garder une proximité avec son bébé permet de faciliter le lien d’attachement avec bébé, de pouvoir répondre à ses besoins plus facilement. C’est un bébé et une maman (ou papa) plus confiants et plus sereins.

Maternage proximal bienfaits - boucle de gratification réciproque
La boucle de gratification réciproque – concept d’Ingrid Bayot

Conclusion :

Les différentes pratiques de maternage proximal dont l’allaitement, le peau à peau et le portage ne sont pas les « derniers trucs à la mode » mais des pratiques qui ont permis à l’homo sapiens de survivre jusqu’ici. En effet, sans création de lien d’attachement fort, la mère n’aurait pas plus envie que ça de s’occuper de son bébé et pourrait le délaisser. Or les bébés de l’homme sont les seuls mammifères à être aussi dépendant de leur mère à la naissance. Seuls, ils ne peuvent survivre.
Et, en période de nomadisme où l’homo sapiens était une proie, si la mère ne répondait pas rapidement à ses besoins émis par des pleurs, ils devenaient des proies faciles pour leur prédateur.

[Ce qui a facilité grandement cela pendant cette période, c’est le fait que les jeunes parents vivaient en tribus et qu’ils pouvaient donc rester en contact privilégié avec leurs jeunes enfants, tout en étant soutenus et « exonérés » des autres tâches du quotidien ! D’où l’importance de se créer son village pour pouvoir mettre en place un maternage proximal sans peter un plomb !]

Donc, la prochaine fois qu’on vous dit de ne pas trop prendre bébé dans vos bras pour ne pas lui donner de mauvaises habitudes, vous aurez le choix entre : soit informer votre interlocuteur soit laisser couler le commentaire sans que cela ne vous impacte.

Bon 4ème trimestre de grossesse ! 😉

N.B. : Je le répète, il n’y a pas a multiplier toutes les pratiques pour faire la course à la meilleure maman. Chacune réalise le maternage qui lui convient et correspond. « Un biberon donné avec le sourire vaut mieux que le sein en pleurant » comme dit le dicton. Et ça, c’est vrai pour l’allaitement mais aussi tout autre pratique de maternage.

Sources :

Ingrid Bayot, Le 4ème trimestre de grossesse, Ed. ERES 2018
BLYTON et al., Sleep disordered breathing and pregnancy, 2002

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